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Il existe dans la langue japonaise 5 voyelles /a/,/e/,/i/,/o/ et /u/. Excepté le /u/, tous ces sons se prononcent à très peu de chose près comme en français ! En phonétique, on appelle une voyelle cardinale une voyelle de référence à laquelle on se réfert pour analyser une voyelle d'une langue. Il se trouve que le /a/, /e/, /i/ et /o/ du japonais sont très proches de ces voyelles cardinales, tout comme le français.
| Abunai | dangereux | A comme dans "Atelier" | |
| Egao | un sourire | E comme dans "Elément" | |
| Itai | douloureux | I comme dans "Illusion" | |
| Ocha | thé | O comme dans "bEAU" |
Comme nous venons de l'évoquer, le son /u/ du japonais est différent du français. Naturellement, on aurait tendance à le prononcer comme dans notre langue maternelle, c'est-à-dire comme dans "chOUx" (attention, /u/ est un signe de phonologie et n'indique pas le son "u" du mot "vue", mais le son "ou" du mot "bout"). Si on prête attention à la façon dont on prononce ce mot, on se rend compte que nos lèvres sont arrondies et avancées pour former ce son. En japonais, les lèvres ne sont jamais arrondies, mais relâchées. Le son produit est entre celui du mot "cou" et celui du mot "mur".
| susumu | avancer |
De plus, ce son ne s'entend presque pas lorsque qu'il se trouve entre deux consonnes sourdes (k, t, p, s)
| gakusei | étudiant | se prononce presque gakksei | |
| suizokukan | aquarium | se prononce presque suizokkkan |
Enfin, lorsque ce son est situé en fin de mot, il ne s'entend presque pas non plus dans un discours naturel, sauf si on veut bien marquer notre articulation.
| Tabemasu | manger | se prononce tabemass |
Les semi-voyelles /y/ et /w/ existent aussi en français. En japonais, /y/ s'associe aux voyelles /a/, /o/ et /u/ pour former les syllabes /ya/, /yo/ et /yu/. Elles sont très fréquentes :
| yameru | arrêter | |
| yoku | souvent | |
| yume | rêve |
Ces sons peuvent alors être combinés aux consonnes k, p, h, g, r, b, n pour former encore d'autres syllabes :
| hyaku | cent | |
| ryokou | voyage |
Quant à /w/, on ne le retrouve en japonais moderne qu'attaché à /a/. WO n'existe que dans un seul mot, il s'agit de la particule wo を indiquant le complément d'objet direct (que l'on verra donc plus tard), mais la semi-voyelle /w/ n'est jamais prononcée, を se prononce /o/ et non pas /wo/.
| wakaru | comprendre | |
| warui | mauvais |
Le japonais est constitué d'un nombre restreint de consonnes comparé au français. Comme pour les voyelles, la plupart de ces consonnes ne vous poseront pas de problèmes de prononciation hormis une poignée à laquelle il faudra être attentif.
Les consonnes du japonais sont les suivantes : k, g, t, d, p, b, m, n, j, h, f, s. Vous ne trouverez donc jamais de c, v, l ou encore q dans la langue japonaise. Le son /v/ n'existe pas en japonais, et quand ils prononcent un mot étranger contenant un /v/, ils le remplacent naturellement par leur son /b/ (un téléviseur se dit terebi en japonais).
Voici quelques commentaires sur les consonnes qui peuvent poser problème pour un francophone :
SHI : se prononce comme dans "CHien"
| shiawase | bonheur |
CHI : se prononce comme dans "CHeese"
| chigaimasu | être différent |
GI : se prononce comme dans "GUIde"
| gin | argent (la matière) |
JI : se prononce comme dans "DJIbouti"
| jikan | le temps |
HI : il faut bien aspirer le H comme en anglais. C'est une difficulté courante chez les francophones.Prononcez comme dans "hâche" et non pas comme dans "habitude".
| hikkoshi | déménagement |
FU : le son F en japonais n'a rien à voir avec celui du français. Il faut le prononcer comme un H inspiré tout en soufflant un peu.
| fukin | torchon |
R : le son R est aussi totalement différent du français. Il ressemble beaucoup au son L du français. Le R français est très difficile à prononcer pour un Japonais (un Japonais ne fait pas la différence entre "lilas" et "riras" !). Quand vous prononcez le L en français, le bout de votre langue se pose sur votre palais juste au-dessus des dents (on parle de position alvéolaire en phonétique). Pour le R japonais, il suffit de mettre la langue encore un peu plus en retrait et de la faire glisser vers l'avant en prononçant le son.
| raamen | nouilles chinoises |
N : ce son se prononce comme en français sauf devant p, b et m où il se prononce comme un M. Par exemple shinbun (journal) se prononce shimbun, sanpo (promenade) se prononce sampo.
| shinbun | journal |
HA/WA : は se prononce la plupart du temps "Ha" en aspirant le H mais il y a certains cas où on prononcera "oua". Cette autre prononciation s'utilise quand は jouera le rôle de particule grammaticale. Nous aurons l'occasion de revenir sur ce détail.
En japonais, la durée d'une voyelle peut être doublée. Pour indiquer qu'une voyelle est longue (on parle de voyelle tendue en phonétique), le japonais utilise la voyelle U après /o/ et /u/. On a donc le schéma "O ou U + U" = "voyelle longue". Ce U n'est pas prononcé comme un /u/, mais indique simplement que la voyelle qui précède ce U doit être prononcée deux fois plus longtemps que sans le U.
Toukyou (Tokyo, とうきょう, 東京) par exemple se prononce Tookyoo. Les deux /o/ sont longs. Il faut impérativement soigner cet aspect au risque que votre interloculateur comprenne un autre mot. En roomaji, cet allongement est parfois aussi écrit Tôkyô, Tookyoo ou encore Tōkyō selon les livres que vous utilisez.
Pour doubler la durée des voyelles /a/ ou /i/, on double simplement cette voyelle pour obtenir AA ou II. Par exemple subarashii (merveilleux, すばらしい), okaasan (maman, おかあさん).
Dernière particularité, dans certains mots d'origine japonaise, le O long s'écrit OO. Exemple Oosaka (Osaka, おおさか, 大阪), tooi (loin, とおい). Il n'y en pas beaucoup, mais il faut le savoir. Si on observe les hiragana, on se rend compte que ce n'est pas う qui est utilisé, mais bien お. En fait ici, le O est répété d'où l'impression d'avoir un O long.
| Toukyou | |
| Oosaka | |
| okaasan |
Quand vous écrivez en katakana, l'allongement de la voyelle est retranscrit avec une barre ー après la voyelle (peu importe la voyelle en question). Si on écrit en roomaji, on n'utilise pas le U mais la même voyelle deux fois. Par exemple en katakana biiru (bière, ビール), buutsu (botte, ブーツ), paatii (fête, パーティー), mais en hiragana gyuunyuu (lait, ぎゅうにゅう).
| biiru | |
| buutsu | |
| paatii | |
| gyuunyuu |
Comme dans l'exemple de Toukyou, nous avons vu que ce mot peut s'écrire de différentes manières en roomaji. Ces transcriptions sont basées sur le système appelé Hepburn dont il existe de nombreuses variations. J'ai choisi d'écrire Toukyou de cette façon pour plusieurs raisons pratiques :
Les consonnes aussi peuvent durer deux fois plus longtemps ! Il suffit pour cela de les écrire deux fois. Pour la prononciation, on prononce la consonne et on reste accroché dessus pour glisser vers la suite du mot. Par exemple gaKKou (école).Pour doubler une consonne en hiragana ,on place devant un petit つ qui va devenir っ.On ne le prononcera pas "tsu" c'est juste pour indiquer qu'il faut bien articuler cette double consonne. Le mot gakkou s'écrira donc がっこう et non がつこう.
| gakkou | école | |
| happa | feuille d'arbre | |
| matto | paillasson |
N est une consonne comme nous l'avons vu. Mais c'est aussi une syllabe en japonais ! En français, il est inconcevable d'avoir une syllabe sans voyelle, mais en japonais c'est bien le cas. La structure syllabique de "konbanwa" (bonsoir) par exemple est KO-N-BA-N-WA et non pas KON-BAN-WA. Si vous écoutez de la musique japonaise, vous remarquerez parfois que le chanteur prononce clairement le N dans un mot.